Burnout, masking (& recovery)

Oui, des mots anglais. Pour une part des concepts qui n’ont pas trouvé d’équivalent juste en français, en France du moins. Ils tournent dans ma tête depuis des mois, plus que jamais, me semblant être les mots les plus importants recouvrant mon expérience de vie des quatre, cinq dernières années. Lire la suite »

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« Ouf, je ne suis pas folle, je suis autiste » – quelques pensées en vrac autour de cet énoncé

[et oui je ne m’améliore pas en titres, je sais]

J’adore les articles de journaux, revues, magazines, qui parlent de femmes autistes relatant la découverte de leur autisme sur le tard (ou hommes, mais y’en a moins). C’est un de mes combats personnels, forcément, j’aime qu’on en parle dans la presse, je me dis que ça tournera, que ça arrivera à la conscience d’un plus grand nombre, qu’on pourra en discuter. Y’a des choses qui picotent, cela dit, dans les formulations. Pas que les formulations des journalistes (j’aurais trop de choses à dire là-dessus, on y reviendra) : dans les paroles énoncées par les personnes autistes interrogées.Lire la suite »

Un autre souvenir

C’était janvier 2017. On allait voir, à trois, mon amoureux, notre ami P., et moi, cette pièce de théâtre, Is there life on Mars, ce n’est même pas moi qui l’avait repérée, j’avais peur des productions « sur l’autisme », je me tenais loin d’un monde qui n’était plus vraiment le mien, puisque moi, maintenant que j’habitais loin de mon ami Z., il fallait que je sois du côté des normaux. Lire la suite »

Apprendre de la diversité autiste, plutôt que hiérarchiser et décrédibiliser

On parle « de plus en plus » (je ne sais pas, je n’ai pas mené d’étude quantitative là-dessus) dans les médias de la situation des personnes autistes, bon, je ne suis pas sûre d’à quel point ça nous rend vraiment service. Parce qu’il y a ce truc, là, vous savez, la manie qu’ont les non-concerné·e·s de parler à la place des concerné·e·s, même quand iels pensent leur donner la parole ça parle autour et par dessus. Et puis ces idées reçues persistantes sur les « niveaux » d’autisme, comme si notre condition neurologique était un immeuble de 15 étages. On continue à vouloir séparer autistes lourds et autistes légers (« je ne connais pas d’autistes lourds, sauf quand j’ai mangé trop de chocolat là oui je suis un peu plus lourd », dit avec humour Josef Schovanec ♥ ), sans savoir exactement à quoi ça fait référence, Asperger et Kanner, sans connaître l’historique des recherches ni réfléchir à la manière dont s’écrit la psychiatrie, femmes douées socialement qui ne devraient pas être diagnostiquées et hommes non-verbaux qu’on ne devrait pas laisser sortir des hôpitaux psychiatriques, bref, la liste de ces oppositions et hiérarchies discriminantes et infondées ne s’arrête pas là.Lire la suite »

Mauvaise militante ? (2) Entre colère et compromis

Je suis une mauvaise militante, ai-je dit dans l’article précédent. Un peu ironiquement, en fait, c’est juste que c’est l’impression qui se dégage de mes échanges avec d’autres personnes, militantes ou non, quand je parle de mes engagements, et ce depuis l’adolescence où une certaine personne de la famille m’avait martelé que si je voulais être prise au sérieux avec mon engagement écologique, plutôt que de les saturer de mes discours il fallait que je milite au sein d’une association ou un parti. Or j’ai décidé pour l’instant de me tenir loin de tout groupe forcé de militant.e.s, ces microcosmes rassemblant parfois le pire, en termes de jugements, compétition, narcissisme. Mais je continue tout de même à avoir ces drôles de confrontations avec des personnes non-engagées, parce qu’évidemment ce sont toujours les non-concerné.e.s qui adorent dire aux concerné.e.s ce qu’iels doivent faire. Par exemple, celleux (et surtout ceux) qui traitent le féminisme comme quelque chose d’un peu superflu et qui ne les regarde absolument pas, mais qui aiment beaucoup tout de même dire aux féministes (qui comme chacun sait forment un groupe homogène de robotes toutes d’accord les unes avec les autres sur absolument tout) (sarcasme) ce qu’elles devraient combattre et comment.Lire la suite »

Mauvaise militante ? (1) inégales capacités

Il y a quelques jours, c’était le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, soit l’occasion en un jour symbolique d’être encore plus présentes et unies, visibles et gueulantes, contre les injustices faites aux femmes. Je ne sais pas chez vous, mais ici c’était grève des femmes, un mouvement assez important que j’aurais aimé, comme chaque année, rejoindre. Et puis, le 8 mars, je suis restée chez moi. Je n’ai même pas particulièrement traîné sur les réseaux sociaux parce que le nombre de « bonne fête des femmes » et d’offres de promo sur du maquillage en ce jour spécial commençait à me faire tourner la tête ; et parce que je me sentais exclue des appels à manifester qui envahissaient mon fil d’actualité facebook et semblaient tous me dire que rien de plus simple que de sortir de chez soi et aller manifester, une fois dans l’année, allez.Lire la suite »

Et sinon, quand est-ce qu’on parle de la société ?

J’ai une petite passion coupable, ou disons, un drôle d’objet d’étude, que j’ai examiné avec l’œil d’une historienne, d’une littéraire, d’une analyste du discours, d’une sociologue. Je ne le savais pas encore quand j’avais 11 ans et que je découvrais tout ça chez ma seule copine de collège d’alors, quand j’avais 11 ans et que mon œil n’était que celui d’une marginale qui ne connaissait-comprenait rien ni aux gens normaux ni à la culture mainstream, je ne le savais pas encore mais tout ça allait être ma source d’information la plus énorme, plus encore que la littérature qui m’obsédait et m’instruisait mais me montrait un monde fictionnel et d’un autre temps. Avec mon amie d’alors, on passait des heures nonchalamment allongées sur son lit à regarder des diffusions de « C’est mon choix », on lisait les magazines féminins qu’achetait sa mère et on en faisait les tests de pseudo-psychologie, j’en dévorais les témoignages et les courriers du cœur, et c’était comme relire des Bds ensemble, me faire expliquer les mots d’argot des chansons de Renaud ou les blagues des garçons du collège – j’observais un monde qui m’était totalement inconnu et étrange et je lui posais des questions, perplexe la plupart du temps devant ce que je voyais et entendais, perplexe surtout devant ce besoin de soumettre volontairement son chemin de vie à jugement et approbation d’autrui. Mon amie me répondait bien sûr avec les connaissances de son âge et de sa situation, un peu de culot et de dissidence, pas mal de tolérance, mais pas trop non plus, on revenait toujours à ce que la société a des castes, des supérieurs des inférieurs, des normaux et des bizarres ou des fous, et quelques destins individuels qui sortent de leur caste [pour mieux s’assimiler à une autre] et qui servent de « leçon de vie ». Lire la suite »