Après la tempête

Oui, je reviens parler de meltdown, de crises, de tous ces moments hors de soi où l’on n’agit plus tout à fait avec raison (mais je vais bien don’t worry), ou  plutôt, de l’après de ces moments. Quand on est enfant, on dit que ce sont des caprices, qu’avec un peu plus de rigidité dans l’éducation, ça nous passera. Quand on est ado, on dit que c’est la crise d’ado, le besoin d’opposition, l’humeur à fleur de peau à cause des hormones, et à nouveau, un peu de rigidité dans l’éducation, un peu de patience, ça nous passera. Et puis adulte ça continue, parfois même, ça s’intensifie, et plus les années avancent et moins on réussit à se faire une image stable de soi, et à maintenir l’auto-estime à un niveau sain.

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Coup de gueule : non, on ne s’habitue pas à la douleur de vivre

La Girafe était optimiste, elle pensait continuer paisiblement sa semaine à barrer petit à petit des tâches de sa liste et terminer d’écrire pendant ses heures de liberté ses articles sur les questions de communication. Période calme, l’impression de mieux gérer la surcharge, la fatigue et les crises, retour de la joie d’être en vie. Et puis l’imprévu arrive. Le mot de travers au mauvais moment, et son cerveau soudain bombardé par trop d’informations soudaines à traiter, l’impression d’être prise au piège, que rien ne lui a été demandé, qu’elle n’a plus de contrôle sur les choses. Et PAF explosion. [j’ai parlé des meltdowns ici, vite fait, et pourtant c’est devenu de loin mon article le plus lu et partagé. Preuve que même aux adultes, ça parle…]Lire la suite »

Être ou ne pas être… gros.se

C’était il y a un an, lors d’un événement culturel indépendant – je lisais dans un coin des brochures militantes, des fanzines, et un manifeste de fatpride a attiré mon attention. Un article contre la grossophobie taclait les filles qui ont peur de grossir. Celles qui font attention à leur alimentation parce que leur plus grande peur est de prendre du poids. Ces filles-là sont grossophobes, accusait le manifeste ! Parce qu’elles entretiennent l’idée qu’être gros, c’est mal, en se refusant de grossir, quand bien même ces filles-là se ficheraient que leur voisin.e soit gros.se et ne se permettraient jamais de donner des conseils d’alimentation à qui que ce soit. Tout en comprenant la nécessité d’un tel point de vue et la vérité qu’elle mettait en lumière (entretenir l’idée que la graisse c’est le mal absolu, c’est encourager le manque de respect envers les personnes grosses), j’ai reçu cet article comme une énorme gifle, je me suis cachée pour pleurer, et ça a été le début d’une longue réflexion sur moi-même (et d’une lecture abondante et compulsive de blogs, témoignages, manifestes, théories sur la grossophobie).

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Quelques petites “évidences” sur le poids, les gros.se.s, et la grossophobie

Avant de partager une part de mon expérience personnelle des questions de poids, je tenais à rappeler quelques points, bien que je ne veuille pas ici faire de la pédagogie complète sur ces questions (liens en fin d’article pour celleux que ça intéresse), et parce que j’ai peur que mon prochain article soit mal interprété. Et comme pour les troubles du comportement alimentaire, j’aime bien l’idée qu’on puisse débattre sur des bases équivalentes.

Nous vivons dans une société grossophobe, tout comme nous vivons dans une société sexiste ; nous sommes donc tou.te.s par défaut grossophobe. Eh oui, quand en 2016-2018 on en parle enfin et qu’on lit les humiliations (pluri)quotidiennes que subissent les personnes grosses, on est forcé de se dire que moi aussi. Moi aussi, je l’ai pensé, je l’ai dit, je l’ai montré. Pas d’excuses. On écoute, on apprend, on déconstruit et on continue.Lire la suite »

L’injonction à se trouver belleau et à s’aimer

Coucou, Bonjour, Salut, regarde je sais aussi parler d’autre chose que d’autisme. Même si parler corps et perception du corps est un sujet encore plus intime pour moi que de parler de mon cerveau (enfin le cerveau est dans mon corps, finalement, mais dichotomie occidentale moderne toussa toussa), c’est aussi politiquement (?) très important, et mes intérêts du moment sont en train de se reporter là-dessus à nouveau. [D’ailleurs je vais sûrement commencer à publier un peu d’anciens articles écrits sur la question du corps, de la grossophobie, des troubles alimentaires, du genre, écrits il y a longtemps et pas publiés encore, parce que je me suis remise à travailler là-dessus].

Alors, si, mon rapport au corps a aussi à voir avec l’autisme : je trouve ça barbant d’avoir un corps. Hypersensible. Qui surcharge. Qui ressent puissance 1000 tout le temps, c’est éreintant. Qui a des faiblesses, qui tombe malade, qui veut dormir, qui ralentit la vitesse de pensée quand il digère. Mon rapport passe aussi par un biais de genre : je trouve ça barbant d’être une femme et d’être classée dans le regard des autres comme « objet sexuel » (dès 9-10 ans, oui oui), ou « apparence plus importante qu’esprit ». Pour toutes ces raisons (formule hyper-concentrée 3 en 1, comme la lessive) je me suis à un certain âge désolidarisée de mon corps, j’ai voulu ignorer ses besoins de base (manger et dormir) et me réfugier dans ma tête. Mon corps s’est chargé de me rappeler son existence assez vite et s’est ensuit une guerre de plusieurs années que je narrerai dans un prochain épisode, soyez au rendez-vous. Aujourd’hui je veux parler amour de soi, amour du corps, et a-t-on besoin de se trouver beau-belle pour s’aimer (non).

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L’illusion du privilège

Hier, j’essayais de rendre compte de mon éternel malaise social que j’ai longtemps attribué à ma culture familiale composite, qui ne me laissait m’intégrer véritablement dans aucun groupe social précis. J’y parlais aussi culpabilité de privilégiée, peur de me montrer oppressante ou snob sans m’en rendre compte, avec mes grands mots, mon amour des livres et de la réflexion nuancée et conceptuelle, mon rejet des activités de groupe et de divertissement. J’y racontais enfin que je m’étais trompée de route en me considérant longtemps uniquement sous l’angle sociologique : le psychologique est prépondérant chez moi. En tant que neuroatypique, j’ai souvent un vécu plus proche d’autres neuroatypiques plutôt que d’autres de ma classe sociale ou de ma culture. Et en tant que neuroatypique, je suis discriminée, mise à l’écart et mise en difficulté dans un système neurotypique, et ça me semble être au moins peser autant (sinon plus) sur la balance que mes privilèges de l’autre côté.

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responsabilité politique et sociale des troubles du comportement alimentaire

Réaction épidermique aujourd’hui à la relecture d’articles traitant de décisions récentes visant, après le contrôle du poids minimum et de la bonne santé des mannequins, à interdire les pubs « dégradantes pour la femme » dans le métro parisien, puis l’obligation à écrire « photo retouchée » sur les photos retouchées (euh… toutes ?)
(je ne réagis donc pas à une actualité brûlante, mais je réagis tout de même de manière brûlante, et j’aurai encore des tonnes d’articles plus complets-complexes à écrire là-dessus)

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