Bicycle, bicoque, bigot, bi quoi ?

Chaque fois qu’Alice* tombe sur le mot de biphobie, elle se dit, quand même, c’est un mot exagéré, rien à voir avec l’homophobie, et en se disant ça, elle fait preuve envers elle-même de biphobie. Si Alice se dit que la biphobie, c’est pas quelque chose de si terrible, c’est parce qu’elle a bien intégré le discours dominant, qui veut que sa situation soit moins délicate que celle des homos, puisqu’elle peut toujours choisir de se cacher derrière son versant hétéro, elle peut toujours choisir d’être une femme qui aime les hommes. Sauf, que, justement, non. Et c’est ça qui est douloureux. N’être à sa place dans aucune des catégories, ne pas se sentir soi-même en se disant hétéro, ne pas se sentir soi-même en se disant lesbienne. N’être prise au sérieux par personne, être rejetée des deux côtés, être à l’avance soupçonnée d’infidélité. Voir sa sexualité réduite à une passade, une phase, une mode, une inconstance, une expérience. Au final : se prendre de l’homophobie en pleine gueule, quand elle est avec une fille, ne pas pouvoir chercher le soutien d’homos, quand elle est avec un mec, et au final, se prendre de la biphobie partout.

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