« Le féminisme a changé ton rapport aux hommes » (euh, oui, heureusement)

C’est quelque chose que j’entends souvent. Pas avec admiration, reconnaissance, envie, mais avec moquerie et reproche. Ça se chevauche généralement avec le « tu es trop extrême », « faut pas voir le mal partout » ou encore « bon pas tous les hommes sont comme ça hein ». (phrases auxquelles je ne répondrai même pas, y’a suffisamment d’autres blogueuses qui y ont magnifiquement répondu, pas envie de faire de la pédagogie).

Et c’est drôle, en commençant à m’engager pour de vrai, il y quelques années, en mettant tous mes petits combats isolés ensemble et me rendant compte subitement que oui, j’étais féministe, en me jetant subitement la tête la première dans la prise de conscience élargie, la documentation, le militantisme, moi aussi, savez-vous, j’ai eu peur. J’étais un peu plus jeune que ça et je commençais à me faire apprécier autour de moi, j’avais juste ce qu’il fallait d’anticonformisme ou de grande gueule mais pas trop non plus. Alors me remettre à reprendre toute remarque sexiste, ne plus rire aux blagues dégueulasses, parler de mon désir au lit avec un homme, freiner la symétrisation (vous savez, le fameux sexisme anti-hommes), faire de l’éducation quand on me demandait juste une approbation silencieuse, oui, tout ça, ça allait me faire perdre des ami.e.s, peut-être. Ou m’empêcher d’en rencontrer de nouvelleaux. J’ai eu cette crainte oui. Cette crainte de ne plus pouvoir draguer, parce que je fais peur, je rebute, ou parce qu’un type qui sort une blague * innocemment * sexiste subitement ne m’attire plus du tout. Il ne m’était pas venu à l’idée de me dire que ce serait alors la faute au sexisme du type, pas la faute à mon féminisme. Lire la suite »

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