Noël

Noël est passé, plus ou moins douloureusement ou joyeusement selon les personnes, voire plus ou moins concrètement, certain·e·s essayant juste d’y échapper et de s’éloigner d’une famille toxique, ou juste de rester avec les seuls êtres qui leur font du bien (ce qui peut être : juste avec soi-même et son chat). Pour la Girafe, Noël a toujours été important, est-ce parce qu’elle croyait au message délivré par la foi chrétienne – espoir d’un renouveau, espoir d’amour et de faiblesse, incarné par un bébé qui naît dans la pauvreté, si ce n’est pas parfait comme mythe –, est-ce parce que ça a lieu au cœur de l’hiver et allie l’attendu froid extérieur à la magie des petites lumières, est-ce parce qu’au milieu de toute l’agitation familiale elle se sentait un peu plus libre de ses gestes, de ses rêves, est-ce parce qu’elle aimait retrouver ses cousines, ou encore juste parce qu’on pouvait y manger plus de chocolat qu’à un autre moment, et se retrouver une fois les cadeaux déballés au milieu d’une profusion de papiers de couleur, brillants, à motifs, qu’elle récupérait soigneusement, religieusement, pour pouvoir les admirer et les réutiliser… Petit inventaire des joies et déplaisirs de Noël pour un girafon qui a grandi. Lire la suite »

Publicités

J’ai peur

J’avais envie de diffuser un message positif ici, positif ou du moins revendicatif et optimiste. Je voulais bousculer un peu les « normalaux » – qui finalement ne me lisent pas et réconforter les atypiques, les exclu·e·s, les discriminé·e·s, que je comprends.

Je voulais dire : être autiste, ce n’est pas une erreur en soi, il y a tellement de choses chouettes et singulières, je ne changerais ce que je suis pour rien au monde. J’ai des tas d’articles en réserve qui parlent de mon fonctionnement et de ce qu’il a de bien, et de ce qu’il est tout aussi « normal » sûrement que celui des neurotypiques qui pour l’instant se gardent bien le monopole de la normalité (et donc, de la légitimité). Je voulais dire : on guérit des troubles alimentaires, on apprend à gérer les troubles anxieux, on devient plus fort·e au fur et à mesure des dépressions et on sait les anticiper, les bloquer, les repousser. Je voulais dire : il y a plusieurs manières d’être, la norme n’a pas forcément raison, le monde médical peut être questionné, tu es valable comme tu es, le « travail » ne définit pas ta valeur, etc. Lire la suite »

Après la tempête

Oui, je reviens parler de meltdown, de crises, de tous ces moments hors de soi où l’on n’agit plus tout à fait avec raison (mais je vais bien don’t worry), ou  plutôt, de l’après de ces moments. Quand on est enfant, on dit que ce sont des caprices, qu’avec un peu plus de rigidité dans l’éducation, ça nous passera. Quand on est ado, on dit que c’est la crise d’ado, le besoin d’opposition, l’humeur à fleur de peau à cause des hormones, et à nouveau, un peu de rigidité dans l’éducation, un peu de patience, ça nous passera. Et puis adulte ça continue, parfois même, ça s’intensifie, et plus les années avancent et moins on réussit à se faire une image stable de soi, et à maintenir l’auto-estime à un niveau sain.

Lire la suite »

Internet, ce n’est pas de la vraie vie ?

Quand on traîne sur internet, on dit qu’on est dans du virtuel. Quand on sort de chez soi et qu’on parle à des gens, on est dans le réel, dans la vraie vie, IRL (= in real life). Les personnes rivées à leur ordinateur sont assimilées à des « no life ». L’échange écrit ne serait qu’un tremplin vers la rencontre en chair et en os, les échanges de mails (ou de lettres pour les personnes pas en phase avec leur époque, comme moi) ne seraient qu’un pâle substitut à la discussion face-à-face, alors même qu’on se dit souvent bien moins de choses en face-à-face. Vous aussi, vous avez déjà entendu ça ?Lire la suite »

Coup de gueule : non, on ne s’habitue pas à la douleur de vivre

La Girafe était optimiste, elle pensait continuer paisiblement sa semaine à barrer petit à petit des tâches de sa liste et terminer d’écrire pendant ses heures de liberté ses articles sur les questions de communication. Période calme, l’impression de mieux gérer la surcharge, la fatigue et les crises, retour de la joie d’être en vie. Et puis l’imprévu arrive. Le mot de travers au mauvais moment, et son cerveau soudain bombardé par trop d’informations soudaines à traiter, l’impression d’être prise au piège, que rien ne lui a été demandé, qu’elle n’a plus de contrôle sur les choses. Et PAF explosion. [j’ai parlé des meltdowns ici, vite fait, et pourtant c’est devenu de loin mon article le plus lu et partagé. Preuve que même aux adultes, ça parle…]Lire la suite »

Quelques petites “évidences” sur le poids, les gros.se.s, et la grossophobie

Avant de partager une part de mon expérience personnelle des questions de poids, je tenais à rappeler quelques points, bien que je ne veuille pas ici faire de la pédagogie complète sur ces questions (liens en fin d’article pour celleux que ça intéresse), et parce que j’ai peur que mon prochain article soit mal interprété. Et comme pour les troubles du comportement alimentaire, j’aime bien l’idée qu’on puisse débattre sur des bases équivalentes.

Nous vivons dans une société grossophobe, tout comme nous vivons dans une société sexiste ; nous sommes donc tou.te.s par défaut grossophobe. Eh oui, quand en 2016-2018 on en parle enfin et qu’on lit les humiliations (pluri)quotidiennes que subissent les personnes grosses, on est forcé de se dire que moi aussi. Moi aussi, je l’ai pensé, je l’ai dit, je l’ai montré. Pas d’excuses. On écoute, on apprend, on déconstruit et on continue.Lire la suite »

Et puis un jour une psy te reconnaît (errance diagnostique, 5e volet)

Ces derniers temps, tu es fatiguée de ta vie. Oui, bon, le ces derniers temps revient cycliquement, okay. Revient même parfois tous les jours, dépendant de la période et du nombre de choses que tu as à faire et du nombre d’heures passées dans la jungle urbaine. Du coup même celleux qui savent se disent que ce n’est pas grave, que ça va passer. Que c’est juste que tu manques de courage et que tu ne fais pas assez d’efforts, que tu es une personne qui aime bien se plaindre et qui ne voit pas la vie du bon côté, c’est comme ça. Toi, tu savais autrefois que c’était faux, autrefois, quand tu t’autorisais encore à être révoltée, à être en colère, et que ton énergie allait dans la création et non dans la destruction ; mais petit à petit, tu t’es laissée convaincre, peut-être que c’est normal pour toi, après tout, de ne pas aller bien.Lire la suite »