Après la tempête

Oui, je reviens parler de meltdown, de crises, de tous ces moments hors de soi où l’on n’agit plus tout à fait avec raison (mais je vais bien don’t worry), ou  plutôt, de l’après de ces moments. Quand on est enfant, on dit que ce sont des caprices, qu’avec un peu plus de rigidité dans l’éducation, ça nous passera. Quand on est ado, on dit que c’est la crise d’ado, le besoin d’opposition, l’humeur à fleur de peau à cause des hormones, et à nouveau, un peu de rigidité dans l’éducation, un peu de patience, ça nous passera. Et puis adulte ça continue, parfois même, ça s’intensifie, et plus les années avancent et moins on réussit à se faire une image stable de soi, et à maintenir l’auto-estime à un niveau sain.

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Internet, ce n’est pas de la vraie vie ?

Quand on traîne sur internet, on dit qu’on est dans du virtuel. Quand on sort de chez soi et qu’on parle à des gens, on est dans le réel, dans la vraie vie, IRL (= in real life). Les personnes rivées à leur ordinateur sont assimilées à des « no life ». L’échange écrit ne serait qu’un tremplin vers la rencontre en chair et en os, les échanges de mails (ou de lettres pour les personnes pas en phase avec leur époque, comme moi) ne seraient qu’un pâle substitut à la discussion face-à-face, alors même qu’on se dit souvent bien moins de choses en face-à-face. Vous aussi, vous avez déjà entendu ça ?Lire la suite »

Coup de gueule : non, on ne s’habitue pas à la douleur de vivre

La Girafe était optimiste, elle pensait continuer paisiblement sa semaine à barrer petit à petit des tâches de sa liste et terminer d’écrire pendant ses heures de liberté ses articles sur les questions de communication. Période calme, l’impression de mieux gérer la surcharge, la fatigue et les crises, retour de la joie d’être en vie. Et puis l’imprévu arrive. Le mot de travers au mauvais moment, et son cerveau soudain bombardé par trop d’informations soudaines à traiter, l’impression d’être prise au piège, que rien ne lui a été demandé, qu’elle n’a plus de contrôle sur les choses. Et PAF explosion. [j’ai parlé des meltdowns ici, vite fait, et pourtant c’est devenu de loin mon article le plus lu et partagé. Preuve que même aux adultes, ça parle…]Lire la suite »

Quelques petites “évidences” sur le poids, les gros.se.s, et la grossophobie

Avant de partager une part de mon expérience personnelle des questions de poids, je tenais à rappeler quelques points, bien que je ne veuille pas ici faire de la pédagogie complète sur ces questions (liens en fin d’article pour celleux que ça intéresse), et parce que j’ai peur que mon prochain article soit mal interprété. Et comme pour les troubles du comportement alimentaire, j’aime bien l’idée qu’on puisse débattre sur des bases équivalentes.

Nous vivons dans une société grossophobe, tout comme nous vivons dans une société sexiste ; nous sommes donc tou.te.s par défaut grossophobe. Eh oui, quand en 2016-2018 on en parle enfin et qu’on lit les humiliations (pluri)quotidiennes que subissent les personnes grosses, on est forcé de se dire que moi aussi. Moi aussi, je l’ai pensé, je l’ai dit, je l’ai montré. Pas d’excuses. On écoute, on apprend, on déconstruit et on continue.Lire la suite »

Et puis un jour une psy te reconnaît (errance diagnostique, 5e volet)

Ces derniers temps, tu es fatiguée de ta vie. Oui, bon, le ces derniers temps revient cycliquement, okay. Revient même parfois tous les jours, dépendant de la période et du nombre de choses que tu as à faire et du nombre d’heures passées dans la jungle urbaine. Du coup même celleux qui savent se disent que ce n’est pas grave, que ça va passer. Que c’est juste que tu manques de courage et que tu ne fais pas assez d’efforts, que tu es une personne qui aime bien se plaindre et qui ne voit pas la vie du bon côté, c’est comme ça. Toi, tu savais autrefois que c’était faux, autrefois, quand tu t’autorisais encore à être révoltée, à être en colère, et que ton énergie allait dans la création et non dans la destruction ; mais petit à petit, tu t’es laissée convaincre, peut-être que c’est normal pour toi, après tout, de ne pas aller bien.Lire la suite »

Les problèmes de l’emploi (2)

Après mon premier article d’avant-hier, je voulais revenir rapidement sur les autres choses problématiques dans l’emploi, quand on est une personne atypique. Comme d’habitude je pars de mon expérience/mes spécificités, mais il faut garder à l’esprit que chaque personne aura ses besoins (je peux assez mal parler à la place de personnes qui ont un handicap moteur, une dyspraxie, une maladie chronique, mais ça pose problème aussi dans la recherche de travail, entre accessibilité, tâches faisables, rythme). On entre avec cet article dans ce qui me pose, peut-être, le plus problème, et qui m’a accompagnée pour toutes mes heures de collège-lycée : l’impression qu’on me vole du temps. L’impression de perdre ma vie. L’impression de ne plus avoir d’énergie pour rien, parce que mon espace mental continue d’être occupé par la pensée du travail bien au-delà des heures de travail. L’impression d’être condamnée quand, en-dehors des heures de travail, il faut encore faire les courses, ranger, répondre à des mails, parler à d’autres gens, alors que j’ai juste besoin de moi-même repliée sur moi-même.Lire la suite »

Se vouloir du bien

J’écris souvent ça dans mes courriers, j’écris ça dans mes messages : Prends soin de toi. Take care. Pour moi c’est la chose la plus forte que je puisse écrire, ça me paraît vraiment essentiel, avant toute chose, de faire attention à soi. Moi aussi, c’est ce que je m’oblige à me mettre comme 1er objectif quotidien, quitte à laisser tomber tout le reste : je prends soin de moi.

Mais c’est n’importe quoi. Je prends rarement soin de moi. Parce que je me mets ça comme une injonction, une nouvelle injonction, et que je ne sais pas penser autrement qu’en termes d’obligations. Parce que je prends soin comme on ferait un travail, et pas sur un instinct de survie naturel qui serait de se vouloir du bien, de vouloir se préserver, normalement, de base, comme ça, en réponse à rien et en attente d’aucun résultat, juste parce que, juste parce qu’on est humain. Lire la suite »