Les problèmes de l’emploi (1)

Quand j’ai ouvert le blog, j’étais désespérément en recherche de travail. Encore, à nouveau, une nouvelle fois. J’ai l’impression de passer mon temps à chercher du travail, même quand je travaillais momentanément, je cherchais du travail, même quand je travaillais sur mon projet de thèse, je cherchais du travail (parce qu’il faut bien payer le loyer et manger), et même quand je travaillais sur mon projet de thèse + travaillais, je cherchais du travail (parce que ça ne suffisait pas à vivre correctement et que ça manquait de long terme et régularité). Depuis un mois, je travaille à nouveau, j’ai un contrat, avec signature et tampon, pour de vrai. Pour nuancer la joie : moi qui voulais avant tout avoir quelque chose de stable et de non précaire, je suis finalement à nouveau sur un contrat pas assez payé et sur le court terme. Pas vraiment le choix, et je prends le positif : quelqu’un a bien voulu de moi, je lui ai fait part de quelques-uns de mes points faibles, et c’est un temps partiel.

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La porte de sortie

Je passe souvent pour pessimiste, parce que j’ai tendance à m’imaginer les pires issues possibles à toute situation appréhendée. Mais qu’on réponde à mon inquiétude en me disant « ça va bien se passer » n’est d’aucune aide, je vous assure ; en revanche, se confronter à ma peur, non pas la réduire à une improbabilité statistique mais examiner ce qui pourrait être fait en cas de catastrophe et quelles en seraient les conséquences émotionnelles, ça, oui, ça aide. Penser à toutes les stratégies possibles de réajustement, récupération, combat, en cas d’imprévu, de surcharge, de panique. Mais aussi, surtout : savoir que la fuite est possible. Que si tout tourne mal, partir est une solution valide. Que si une activité entamée devient trop lourde, on a le droit d’abandonner. Que si une pièce est trop bruyante, il y a une porte de sortie, que si un travail est inadapté, je peux rompre le contrat.

Savoir qu’il y a une porte de sortie, quelque part, savoir que je peux abandonner et partir et pas uniquement rester et combattre, ça me permet maintenant d’affronter un certain nombre de situations qui m’ont toujours causé de violentes crises de panique. J’aurais aimé, peut-être, savoir ça plus jeune, savoir ça enfant. Lire la suite »

Refuge portatif à plier en quatre et glisser dans sa poche

Aujourd’hui je formalise un peu. Je donne mes trucs. Qui vont peut-être en aider d’autres, peut-être pas. Qui vont peut-être aussi amener des proches à comprendre et tolérer certains de mes comportements. Comme je l’ai expliqué hier, j’ai toujours eu des tactiques pour survivre aux situations de surcharge ou de désagrément – je n’aborde pas aujourd’hui la question complexe des interactions, de l’organisation, des conflits, et des tsunamis émotionnels, seulement la simple exposition quotidienne et parfois trop prolongée aux foules, aux groupes, aux discussions confuses, aux bruits/ odeurs/ lumières/ mouvements.

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Se vouloir du bien

J’écris souvent ça dans mes courriers, j’écris ça dans mes messages : Prends soin de toi. Take care. Pour moi c’est la chose la plus forte que je puisse écrire, ça me paraît vraiment essentiel, avant toute chose, de faire attention à soi. Moi aussi, c’est ce que je m’oblige à me mettre comme 1er objectif quotidien, quitte à laisser tomber tout le reste : je prends soin de moi.

Mais c’est n’importe quoi. Je prends rarement soin de moi. Parce que je me mets ça comme une injonction, une nouvelle injonction, et que je ne sais pas penser autrement qu’en termes d’obligations. Parce que je prends soin comme on ferait un travail, et pas sur un instinct de survie naturel qui serait de se vouloir du bien, de vouloir se préserver, normalement, de base, comme ça, en réponse à rien et en attente d’aucun résultat, juste parce que, juste parce qu’on est humain. Lire la suite »

Résistance au changement et peur de l’imprévu

Ce n’est pas vraiment le changement que je crains. Tout change tout le temps, j’en ai la douloureuse conscience, et bien que j’affectionne particulièrement les habitudes, les rendez-vous réguliers et les lieux connus, je fais mon possible pour aimer même les plus difficiles changements, et j’en provoque moi-même cycliquement dans ma vie, c’est la preuve que l’on est vivant.e. Non, ce dont j’ai peur, c’est de l’imprévu, et dans l’imprévu, du temps et de l’espace non disponibles pour entendre et gérer ma peur. Lire la suite »

Une journée comme les autres

Je fais toujours des plans de ma semaine, des trucs à faire chaque jour, avec le temps je deviens même raisonnable et je ne me charge pas trop, je peux prévoir moins quand j’ai mes règles, ou plus au mois de juin, mais il y a encore des choses qui m’échappent. Je me lève parfois à 7h en pleine forme avec l’envie de conquérir le monde, mais le jour d’après, peut-être, insomnie, manque de sport, ou juste rien du tout, et je serai incapable de me concentrer sur quoique ce soit, et je passerai ma journée à pleurer, ou à ruminer, ou à chercher la dispute.

Quand ça va, on ne se souvient plus que vaguement des moments où ça ne va pas. On se dit c’est pas si terrible, finalement. C’est gérable. Il suffit de. Je peux combattre la mélancolie. La paranoïa. Les trous noirs.

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Un refuge

Je voudrais un endroit au monde qui soit à moi, qui soit pour moi, qui ne change pas.

Je voudrais un refuge, un lieu qui soit resté le même toujours, qui ait la même couleur le même silence la même texture, je voudrais un refuge qui me coupe du reste du monde et où je pourrais, toujours, venir me reposer de tout le reste. Je voudrais un refuge, un endroit qui ne change pas, un endroit qu’on ne me volera pas, qu’on ne me modifiera pas derrière mon dos, qu’on ne me retirera pas de manière inattendue, un endroit où rien ne m’arriverait, qui serait construit de repères et de certitudes.Lire la suite »