Internet, ce n’est pas de la vraie vie ?

Quand on traîne sur internet, on dit qu’on est dans du virtuel. Quand on sort de chez soi et qu’on parle à des gens, on est dans le réel, dans la vraie vie, IRL (= in real life). Les personnes rivées à leur ordinateur sont assimilées à des « no life ». L’échange écrit ne serait qu’un tremplin vers la rencontre en chair et en os, les échanges de mails (ou de lettres pour les personnes pas en phase avec leur époque, comme moi) ne seraient qu’un pâle substitut à la discussion face-à-face, alors même qu’on se dit souvent bien moins de choses en face-à-face. Vous aussi, vous avez déjà entendu ça ?Lire la suite »

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Moi je

Un des reproches qui m’a été adressé le plus souvent dans ma conversation, de l’enfance à aujourd’hui, outre le « tu parles trop », c’est le : « tu ramènes tout à toi ». Je réponds en disant moi je. Moi aussi. Moi non. Moi ceci. Moi cela. Je suis la mesure de toute chose, je suis le miroir, et apparemment, ça donne l’impression que je ne m’intéresse pas à ce que dit l’autre…Lire la suite »

Hypersensibilité

J’ai écrit déjà sur l’hypersensibilité. Sur le bruit, les odeurs. J’aimerais écrire sur le toucher, mais c’est plus complexe, il y a une composante psychologique à détricoter. Je pourrais écrire encore sur la sensibilité visuelle, qui n’est pas si dérangeante pour moi, du moins tant que je peux me tenir à l’écart des néons et des flashs de discothèque, et que je ne dois pas conduire de nuit (bon ok et tant que j’ai le droit de me mettre à haïr le soleil entre fin avril et mi-août). Je devrais écrire sur les choses positives : je peux tomber en émerveillement devant la couleur d’un objet quelconque et me mettre à planer de plaisir pour le son d’un hautbois pendant un quart de minute ; j’ai l’impression de voyager dans un nouveau monde en goûtant un fruit sauvage et je peux avoir des orgasmes de l’épaule. Mais la surcharge, elle, ne fonctionne pas sur le positif. Le positif soulage légèrement du négatif, équilibre la journée ou l’existence, mais le négatif s’additionne, puis fatigue de manière exponentielle, et finit par bloquer tout le reste. Et une fois qu’on est en surcharge, plus rien de positif ne peut entrer. 

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En temps de crise : validité et légitimité du ressenti

Ce que je ressens dans un moment d’intensité et d’urgence. Ce que je juge important ou non au quotidien, et dans l’imprévu, et sous stress. Ce qui me fait réagir. Ce qui m’angoisse. Ce qui me préoccupe. Ce que finalement je dois apprendre à gérer, à recadrer, à tranquilliser, à redimensionner, à solutionner. Ce sont souvent, aux yeux des autres, des « petites choses ». « rien ». « un détail ». « rien », à nouveau (et puis étymologiquement, rien, c’est quelque chose). J’en ai entendu, d’enfant à aujourd’hui, des « c’est exagéré », « sois un peu adulte », « tu te ridiculises », « fais pas ta gamine », « tu vas pas pleurer pour ça ». Mais si je me mets dans « cet état », justement, c’est que, sur le moment au moins, « ça », c’est important. Ça m’envahit. Ça me pose problème. Ça m’obstacle. Ça m’aveugle. Ça me torture. Et nier ce que je ressens ou comme je conçois les choses ne m’aidera pas à résoudre la situation – mais au contraire risque de me précipiter en crise. Lire la suite »

De l’importance de l’ordre et de la routine (surtout en plein déménagement)

On a tou.te.s besoin de repères. D’ordre. De permanence. D’habitudes. Et celleux qui me contestent ça n’ont pas passé 10 ans, carnet à la main, à noter toutes les petites habitudes gestuelles, verbales, alimentaires, vestimentaires, de leur entourage, à décortiquer les automatismes et les idées reçues des autres, qui sont aussi, en fait, des sortes d’habitudes. Pourtant, quand on en vient à parler d’autisme, c’est marqué comme pathologique, comme anormal, cet attachement à la routine, ce besoin d’habitude, ce fonctionnement autour d’un certain ordre donné.

Mais en soi, je ne vois pas pourquoi il est considéré comme plus grave de ne pas réussir à se départir d’une certaine rigidité sur le type de fourchette avec lequel je peux manger, ou sur le chemin que je fais pour aller au travail, que de ne pas réussir à se départir d’une rigidité sur des idées sociales ou politiques. Vous conviendrez finalement que la première sorte de rigidité est finalement moins nuisible.

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Le droit d’être fatigué.e

Fatiguée, c’est le premier mot que j’apprends dans les autres langues, fatiguée, tired, stanca, cansada, moe, et puis, ma première langue, müde, avec le ü long, müüüüde, Ich bin müüüde, je ne sais pas si je l’ai beaucoup répété enfant mais apparemment oui puisque ça fait partie des phrases que répète mon père comme en écho du passé pour me taquiner, dès que je dis que je suis fatiguée. La fatigue, d’aussi loin que je me souvienne, c’est toujours un état dont je me suis plaint sans jamais trop savoir pourtant à quoi il correspondait vraiment, parce que dans les livres d’enfant, les nounours fatigués baillent en se frottant les yeux et se mettent au lit, mais quand je suis fatiguée, je ne baille pas, ne me frotte pas les yeux, et ne réussis pas à dormir.

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Les règles du jeu

Le monde dans lequel j’évolue me donne souvent l’impression d’un jeu de société. Je sais qu’il en est de même pour celleux qui s’y amusent, que ce soit pour elleux un jeu de hasard décidé par des dés, ou un jeu de stratégie où il faut faire le bon coup au bon moment. Il y en a qui aiment, parce qu’iels réussissent. Parce qu’iels comprennent. Parce qu’iels acceptent. De mon côté c’est un peu plus complexe. J’ai l’impression d’avoir commencé la partie avec quelques cartes en moins dans mon jeu, avec un pion qui ne tient pas debout tout seul et qui glisse tout le temps d’une case à une autre, et sans avoir entendu avant l’intégralité des règles du jeu. La vie est pour moi un jeu de société dont j’essaye de comprendre les règles par devinette et observation ; dont je prends les règles, transgressées par tout le monde, très au sérieux ; et dont, finalement, je ne comprends pas le but ou le gain. Je fais la route en zigzag, je manque des étapes, j’en répète d’autres, je m’énerve, je me fais traiter de mauvaise joueuse, mais m**** quoi, il y a quelque chose d’injuste dans ce jeu où l’on doit tou.te.s répondre aux mêmes attentes en partant avec des dotations différentes.

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