Ma colère en liberté

[note préalable : je publie cet article deux semaines après l’avoir écrit. Entre-temps, ma colère s’est apaisée, mais l’importance d’en parler – parce qu’elle reviendra, et que je lutterai encore contre – demeure.]


Je suis en colère.

Oui parfois je suis en colère, tellement que mon corps en tremble. Pas juste quelques minutes, mais des jours, voire des semaines. Je ne décolère pas la pression augmente je voudrais en voir ma peau s’ouvrir et les colères s’en échapper comme de petits animaux hargneux et mordants, leur laisser champ libre pour tout saccager à l’extérieur de moi.

Oui parfois j’ai des envies de violence. J’aimerais tout balancer, foutre le feu, raser la ville. J’aimerais puncher des gens dans la face, pour ne plus ressentir, moi, ce crépitement douloureux que je cherche à contenir derrière des sourires.

Oui parfois je veux juste hurler quand on me dit quelque chose, quelque chose de peut-être très bien intentionné, de peut-être totalement candide, mais ça tape là où ça fait mal, là où tant d’autres ont fait mal avant avec leurs remarques ou questions bien intentionnées et candides, et je ne peux plus supporter toute cette candeur qui est toujours du même côté.

Parfois je ne peux plus extraire l’individu et le moment du contexte général, et la colère que je ressens envers une personne est le résultat de l’addition de toutes les autres personnes, c’est injuste, c’est comme ça.

Parfois je n’ai plus la force de la nuance, le courage de remettre en perspective.

Perspectives, perspectives.

Parfois y’a plus de nuances ni de perspectives y’a juste ça : moi j’ai vécu ça, toi non, alors ferme ta gueule. Ne pense pas savoir mieux que moi, ne pense pas savoir comme moi. Ne pense pas savoir tout court.

*

Je suis une personne qui n’insulte pas. Je suis une personne qui s’inquiète beaucoup de respecter autrui et ne veut pas risquer de blesser. J’ai mis du temps à comprendre que même sans « gros mots » j’insultais, je faisais pas ce qu’il fallait, j’ai mis du temps à comprendre les différences entre respect, politesse et hypocrisie. Alors, j’ai essayé d’apprendre à contenir ma rage, à ne pas faire mal à l’aveugle, à être juste. J’ai mis des années à essayer de m’apaiser un peu. Tenir mes propres rênes, trouver comment contenir mon impulsivité, mes mouvements d’humeur, mes réactions qui passent de 0 à 100 au moindre mot de travers, au moindre mot qui m’atteint. Epuisant autocontrôle permanent, bouillons à l’intérieur de moi, des larmes et des gémissements dans les toilettes, les doigts dans la gorge pour vomir ce que je n’ai pas pu dire, les meltdowns une fois seul·e, ou face à la goutte de trop versée par les plus proches. Les plus proches : l’amoureux, la famille, parfois l’ami·e en visite, qui ont assisté à mes débordements. Sortir de table au milieu du repas, couper la conversation, pleurer un coup, respirer un coup, agiter mes mains, me balancer, faire rouler les mots épais dans ma bouche jusqu’à les réduire en bouillie, les faire fondre, penser à autre chose, passer à autre chose, toutes ces tactiques pour éviter de trop gueuler sur les gens, pour ne plus avoir l’air sauvage, mal élevé·e, pour ne pas blesser, être agressifve, être violent·e, parce que ce n’est pas ça que je voulais être.

La colère revient, qu’en faire.

J’ai essayé de trouver le contrôle, ne pas mettre mes douleurs sur les autres. Ce qui me révolte, ce qui me blesse, est-ce que c’est de leur ressort, est-ce que c’est du mien, est-ce qu’ils y peuvent quelque chose à ma douleur, est-ce qu’ils pouvaient savoir, recadrer les choses, rationaliser, toujours.

Garder mon agitation pour moi-même, ne pas dire de mots durs.

Débattre avec pauses et régulation, garder suffisamment de recul pour quitter la discussion avec politesse si jamais je me sens submergé·e.

Mais il y a à l’intérieur de moi des bombes.

Des bombes déposées là par les vécus traumatiques, par tous ces moments qui ont piétiné mon intégrité, qui m’ont imposé des choses qui étaient trop dures à vivre, qui m’ont fait me sentir comme si ce que j’étais, ce que je ressentais, n’avait aucune importance.

Ça ne m’a pas supprimé·e, ça ne m’a pas réduit·e au silence – ça s’est concentré sous forme de petits paquets d’explosifs et parfois, si on touche là, ça part, soudain, je n’ai pas le contrôle dessus.

*

Ne pas mâcher ses mots dit-on des personnes qui s’expriment sans fioritures, qui disent ce qu’elles pensent sans rondeurs, sans nuances, sans en effacer les coins ou en lisser la surface.

Il ne mâche pas ses mots – nuance de respect, admiration

Elle ne mâche pas ses mots – elle est agressive, sauvage, pas lady-like

Ne pas mâcher mes mots

les mots sortiraient de ma bouche comme ça bruts coupants entiers et crus

Mais non

je les ressasse les mastique les ravale les régurgite

dégueulis de mots acides qui me font des trous à l’estomac

bouillie d’inextricable, d’irrésoluble, qui finit par ne brûler que moi, par faire rire les autres

décrédibilisée celle qui perd ses moyens, qui s’emporte, qui crache des mots hachés de colère – hystérique

*

Je n’aime pas la vulgarité, rien à voir avec être une fille ou pas, c’est pas beau dans la bouche d’une fille, non, je n’aime pas la vulgarité dans la bouche de n’importe qui, question d’éducation oui, question de classe sociale, mais question aussi que les mots je les prends comme des coups de poing dans le ventre, comme des gifles à trois mains, je les ressens, je les reçois, à 200 % de leur potentiel d’expression, si sensible, si réceptive, je n’ai pas besoin de ces mots sales, lourd, dégueulasses, brutaux, et pourtant

et pourtant parfois si

10 ans, une crise de nerfs – je dirais meltdown, maintenant –, couru jusqu’au fond du champ, envie de trépigner, de mordre, je me serais lancée comme un chien de combat à sa gorge pour en rompre l’artère d’un coup de crocs. J’ai couru jusqu’au bout du chemin et réfugiée sous un arbuste le corps en transe tremblante de colère ça crépitait de partout, des obus sous ma peau, et les mots sont sortis se bousculant se mélangeant se crochepattant, des bouts de n’importe quoi, de tous ces mots qui déjà avaient heurté mes oreilles. Tous ces « gros mots » que je n’avais jamais prononcés, toute ma détresse, ma rage, mon dégoût de l’injustice, tous les mots que plus jamais je ne prononcerais à nouveau, soudain déversés de ma bouche hurlante d’enfant blessé

Je lis parfois les mots non polis de gens en colère, de celleux qui ont bien des raisons d’être en colère et à qui on a répété une vie durant de surtout être poli·e, faire profil bas, ne pas résister. Je lis parfois ces mots qui me choqueraient, et ça m’apaise.

*

On me dit de prendre de la distance. De m’apaiser. On me dit que pourtant je suis devenue maintenant si mesurée, sage, raisonnable, n’est-ce pas, je sais voir les personnes individuellement selon leur parcours de vie personnel et tout ce que j’ai appris de complexe et nuancé pour pallier mes incapacités d’autiste et tout ce dont je suis fier·e et tout ce à quoi je m’attache parce que ça correspond à mes valeurs et à l’être humain que je voudrais être.

Mais non non je ne veux pas prendre de la distance, là, il n’y a pas de distance quand il y a colère, il y a le monde qui m’attaque, les crocs du monde plantés dans mes organes qui convulsent et ma réaction obligatoire, immédiate, violente, toute mon énergie pour repousser ces crocs, rejeter le venin.

*

Parce qu’en plus de vivre les trucs, de les porter, de porter la colère et la souffrance, de devoir travailler tous les jours de ma vie pour sortir de la honte, l’humiliation, la douleur, la culpabilité, et traverser colère et tristesse et deuil et amertume

en plus de me coltiner toutes ces émotions négatives qui prennent du temps, de l’énergie, s’inscrivent dans mon corps, me font trébucher, me demandent du travail

en plus d’en profiter comme d’un point de départ pour comprendre les autres, les autres blessé·es, les autres opprimé·es, de me concentrer sur la prise de conscience de mes propres privilèges, mes propres comportements oppressifs, les injustices qui touchent d’autres que moi

en plus de tout ça il faudrait que je fasse aussi le travail à la place des autres, que je leur apprenne, avec pédagogie et mesure, pas trop d’un coup, et beaucoup de police du ton, attention à comme je m’exprime, pas qu’il y ait trop de colère, pas qu’ils le prennent pour eux surtout, eux posent la question ils sont gentils, et puis comment veux-tu faire passer ton message si tu es agressive, et tu dessers ta cause, et mais je demandais juste comme ça moi, ce n’est pas dirigé contre toi personnellement.

en plus de tout ça il faut que je fasse attention à leurs émotions, à mettre mes mots dans du coton, à devenir coton moi-même, matelas, coussin, au cas où ça les bouleverse tout ça faudrait être chaleureuxse et compréhensifve et patient·e et savoir minimiser, empaqueter dans du papier bulle ou accepter de diluer ou couvrir d’un voile un peu enjoliveur, il faudrait omettre des détails et étouffer un peu la réalité, il faudrait savoir aussi changer de sujet et distraire, et en rire, et passer à autre chose après, comme si de rien n’était.

Non.

Parfois, je ne peux pas. Je ne parle pas des inconnus et des connards assumés je parle de mes proches, des gentils, des qui se pensent éclairés. Parfois ce sont mes amis, mon amoureux, ma famille, des personnes que j’aime, et pourtant j’ai envie de leur hurler des insultes à la figure, et je ne le fais pas, et je pourris de l’intérieur. Je leur en veux de leur insouciance, leur légèreté. Je leur en veux de cette indécence, de dire oui mais il suffirait de, ou moi j’aurais réagi autrement, ou il faut ceci. Je leur en veux de croire que me poser une simple question ou faire une simple remarque n’aura aucun impact, n’entrera en résonance avec rien d’autre. Je leur en veux de présumer l’originalité et l’innocence de leur pensée.

Pourquoi moi je dois me taper le travail de réfléchir à tout ce que je dis et comme je le dis, et eux, ils en sont dispensés ?

« C’était juste une question comme ça, faut pas le prendre mal »

« Je demandais juste »

« Je remarquais juste »

« Je ne pouvais pas savoir »

« Ce n’est que mon avis, t’énerve pas »

Mon seul refuge pour ne pas céder à la violence c’est de me retrouver avec des gens qui savent, déjà. Qui ont vécu même ou similaire, qui ont réfléchi, qui font un peu attention avant de prendre la parole, qui voient les zones fragiles et les risques d’explosion, qui ont cette vision déjà modifiée de l’environnement et des interlocuteurices, qui n’ont pas ce privilège de l’inconséquence jamais contestée.

Avec ces personnes-là le langage déjà n’est pas le même. Je peux enfin emprunter ces raccourcis, ne pas devoir ré-enseigner l’alphabet à chaque fois, je peux parler tout de suite et on sait de quoi on parle, je peux me sentir en sécurité et savoir que si d’aventure on s’égratigne ou se cogne un peu ça ne déclenchera pas les mêmes explosions et on aura à disposition la trousse de secours et les bandages appropriés pour panser, pour prendre soin.

Alors on se les dit entre nous nos frustrations, nos colères, nos douleurs. On fait un travail entre nous sur nous. Souvent on va tou·te·s aussi chez læ psy pour régler des problèmes qui sont liés à comme la société nous traite ou nous a traité·es. Ou on se psychologue en DIY, l’un·e envers l’autre, avec des bouquins, ou de soi à soi, parce que ça coûte cher un suivi psy. On essaye de reprendre des forces. De se reconstruire. D’imaginer des possibles.

On nous dit de taper dans nos coussins, de crier dans la forêt quand personne ne peut nous entendre, on nous dit de transformer ça en art, en coups de pinceaux, de se décharger dans la course, dans le sport.

Mais parfois je ne veux pas transformer la colère, parfois j’aimerais qu’elle explose à la gueule de tous ceux qui font les innocents, qui disent que eux, ils sont gentils.

Ils sont gentils, oui, mais ils l’ont ce confort que je n’ai pas, sans s’en rendre compte, et ils supposent que je peux bénéficier de la même insouciance, de la même inconséquence, de la même désinvolture.

Ils sont gentils, ils cassent blessent bousculent écrasent gentiment. Et c’est moi qui ramasse, qui répare, qui reconstruis.

Je n’ai plus envie d’entendre que, oh, je ne savais pas, parce que je n’y avais jamais pensé. Justement. Penses-y. Pose-toi des questions. Ne pas se poser de question est un luxe. Je ne peux plus avoir d’empathie avec ce luxe qui demande à ce qu’on l’excuse, à ce qu’on le fasse passer pour de l’innocence.

J’ai des envies de violence, je ne sais pas quoi en faire.

*

Oui, il y a des jours où je ne suis qu’un·e féministe qui gueule, qui « nuit à sa cause », comme on dit, en étant agressifve, en ne faisant pas preuve de nuance et de subtilité, oui il y a des jours où je déteste tous les hommes et où je ne vois qu’en catégories, il y a des jours et même beaucoup de jours où je ne discuterai pas de certains sujets et certainement pas de mon vécu avec quelqu’un·e qui ne peut pas le comprendre, il y a des jours où je réponds « injustement » rudement à une personne gentille parce qu’elle prend pour toutes les autres – et très sincèrement, en retour, je ne blâmerais personne me voyant comme part d’un groupe privilégié et qui me repousserait aussi de temps à autre comme n’étant « que » part de ce groupe-là, je ne blâmerais personne de ne pas avoir envie d’une conversation avec moi parce que je suis blanche ou socialement relativement privilégiée.

*

Cette colère qui semble inextinguible, ces moments-là de perte de perspectives et de distance, ça arrive, et je crois que c’est ok aussi de les traverser et de les exprimer. Je crois qu’il faut les vivre pour se renforcer, pour se rendre compte de notre puissance, pour refuser de se laisser écraser.

Parce que ces colères mises bout à bout, ces colères fusionnées empilées c’est ce qui fait les masses de contestation, c’est ce qui fait que l’on aura la force de soulever et renverser les bases, c’est ce qui fait que l’on aura la créativité pour s’imaginer d’autres systèmes

et aussi,

c’est ce qui nous donnera l’énergie de nous porter, nous, de continuer avec ces morceaux manquants de nous ou de prendre sur les épaules læ camarade qui flanche.

La colère contenue est douloureuse, poison. Mais ma colère n’est pas sale, non, ma colère est légitime, juste, utile.

Ma colère me réveille et me rappelle à ce qu’il est important de protéger, ma colère est ma protection contre ce qui ne doit pas être attaqué. Je veux donner un peu plus de liberté à ma colère.

9 réflexions sur “Ma colère en liberté

  1. J’ai mis des années à comprendre que j’avais de la colère en moi, et pas qu’un peu. Et quand je dis à comprendre, c’est ma psy qui me suivait à Bruxelles qui m’a dit ça. Et j’ai encore du mal à la détecter et à l’apprivoiser. Ça pète parfois. Mais si rarement. Je suis fatigué d’imploser.
    C’est bien pratique hein de dire à quelqu’un.e (surtout quelqu’une d’ailleurs) de se calmer, de trouver un moyen de canaliser sa colère. Ca permet soi-même de ne pas se remettre en question…

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    • Jeune adulte, je pensais que ma colère avait disparu (j’ai été très énervée/révoltée, dans l’enfance et l’adolescence). Mais non, je la retournais juste contre moi… maintenant, elle me submerge souvent, elle est ravivée si vite, mais je crois que c’est normal, après avoir été si longtemps comprimée.
      Il faut autoriser aux femmes à être en colère ! La colère qu’on exprime, elle finit par passer 🙂
      Bonne chance à toi pour l’apprentissage de l’apprivoisement…

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      • Ma psy m’avais d’ailleurs prêté un livre pour enfant à cette occasion où l’enfant laissait sortir sa colère puis l’enfermait dans un coffre jusqu’à la prochaine fois. L’image m’est restée en tête. J’ai encore du chemin à faire pour oser la laisser sortir je crois. Ça rejoins pour moi le fait d’apprendre à dire non, de m’affirmer.

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  2. « Pourquoi moi je dois me taper le travail de réfléchir ? »

    Je ne sais pas combien de fois j’ai pensé ça et ça me fait sourire d’en retrouver les termes sous ta plume à toi.
    C’est aussi assez étrange de lire ça ce matin, alors qu’hier soir je tournais dans le lit, trop en colère pour dormir. J’écrivais un discours d’une violence inouïe dans ma tête, et ça me faisait du bien. Je ne l’adressais à personne en particulier, ou à tout le monde (sauf à mes proches, qui eux, savent).

    En tout cas, si je suis plus en paix avec ma colère que je ne l’étais adolescente et jusque dans ma vingtaine bien tassée, c’est parce que j’ai compris, ou admis, je ne sais pas, que les gens ne pouvaient pas comprendre, littéralement. Ils ont pas le bon câblage, pas le même vécu, pas l’imagination. Si je ne leur explique pas, ils ne peuvent pas savoir, tout simplement. C’est pour ça que je continue de croire que la pédagogie est la clef. Et quand je n’ai plus la force ni l’envie d’être pédagogue, j’appelle ma sœur ou mon mec, ou bien je déverse ces mots brûlants, acides, ces mots qui font des trous comme la bave des aliens, dans mon blog privé.

    Merci pour ton partage !

    Aimé par 1 personne

    • Merci à toi pour cette réponse et ce témoignage. Je crois aussi à l’acceptation de la différence, la compréhension des vécus et points de vue divers, la pédagogie et la patience. Mais j’ai sauté un peu vite là-dedans, il y a quelques années, oubliant de m’autoriser à ressentir aussi cette colère et à l’exprimer, ne serait-ce que pour moi (comme tu le dis, écrire un discours violent dans sa tête, déjà : ça fait du bien !)

      et écrire ce texte m’a en effet permis de m’apaiser un peu et de trouver une issue à ce moment de colère 🙂

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  3. « C’était juste une question comme ça, faut pas le prendre mal »
    « Je demandais juste »
    « Je remarquais juste »
    « Je ne pouvais pas savoir »
    « Ce n’est que mon avis, t’énerve pas »

    Ces phrases typiques de gens qui n’ont absolument pas réfléchi avant de parler…
    Oui je sais, je ne fais que répéter et paraphraser ce que tu dis toi… Mais ça fait tellement de bien de savoir que je ne suis pas la seule à l’avoir entendu, vécu et pensé ça en réponse. Merci !

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  4. Ah ça…
    Pourquoi c’est à nous de faire tout le travail social et émotionnel de nous mettre au niveau « des autres » ces autres qui apparemment n’ont pas à fournir le travail élémentaire d’apprendre à nous respecter en tant qu’humains, et qui se réservent pour eux le privilège de la colère.
    Travail qui s’ajoute à la longue liste des tâches non rémunérées que subissent les femmes atypiques, partout, tous les jours.
    La révolution sera féministe ou ne sera pas.

    Aimé par 1 personne

    • Ça a quelque chose à voir avec l’injonction à la pédagogie… que vit toute personne qui milite contre une oppression qu’elle subit elle-même.
      Ceux qui sont en-dehors ne peuvent pas comprendre la charge émotionnelle que c’est pour nous. La charge CONSTANTE.
      Mais si on ne police pas notre ton, on confirme leurs accusations utilisées pour nous décrédibiliser…

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