Crise d’angoisse, surcharge, effondrement autistique, de quoi parle-t-on ?

Aujourd’hui je vais parler cash de mon « symptôme » le plus visible et le plus handicapant : les crises. Les pétages de plombs. Les explosions. Les effondrements. Tout ce qui arrive quand on a trop encaissé, qu’on a trop tenu, et que subitement, plus rien ne fonctionne. J’ai de l’appréhension en postant cet article : parce que c’est ma face cachée, ce que pas grand-monde n’a vu de moi. Et parce que les sentiments dominants liés aux crises sont la honte et le découragement. Mais il faut en parler, pour deux raisons en apparence contradictoires : 1. les prendre au sérieux (tenter de les réduire en respectant ses limites) 2. les dédramatiser (ça arrive, et je suis une personne raisonnée et fiable quand même merci).

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Les coins

[texte décousu : bribes et phrases à trou écrites sur des bouts de feuille juste avant et juste après un effondrement, reconstituées deux jours plus tard. J’ai déjà écrit sur la thématique du refuge ici, et ]

Les coins. Les coins. Die Ecke, le mot français me donne une impression de rondeur et je vois le mur sombre contre lequel je me sentirai protégée, le mot allemand me fait visualiser l’angle froid et neutre dans lequel me replier. Les coins, je les cherche, je les traque. Absorbée les yeux tirés attirés j’ai l’impression d’être un animal qui renifle qui sent qui cherche son terrier, dans la confusion de la foule les trajectoires des gens qui n’ont plus de sens autour de moi, les bruits qui ont atteint un niveau de mélange et de douleur telle que j’ai renoncé à essayer de les traiter, je suis juste un animal qui cherche à fuir, qui zigzague entre les gens en regardant leurs jambes et plus leurs visages, à chercher la sortie, à chercher les coins. Je les ai toujours cherchés les coins c’est mon premier réflexe, dès que la fatigue m’engloutit ou que l’angoisse pointe, dans la foule, l’agitation, la surcharge, je cherche pour m’y précipiter m’y blottir repliée obscurité roulée en boule.

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Éparpillée

Ça fait 3 ans que j’achète un agenda pour mieux m’organiser. Je n’écris pas les choses dans mon agenda. Alors je prévois des temps bi-hebdomaires pour écrire les choses à faire dans mon agenda : je ne consulte jamais mon agenda. Alors je fais des listes de choses à faire sur base de mon agenda papier et mental : j’égare les listes. Je fais des post-its qui me rappellent les choses les plus urgentes, je les colle sur la couverture de mon agenda. À côté du lit. Sur la porte de la chambre : je ne regarde pas les post-its. J’écris les choses sur ma main comme on le fait à douze ans, acheter ceci, écrire à machin. Je ne regarde pas ma main quand il le faut. Je passe mon temps à penser à tout, ma tête est pleine de multiples tâches à faire, d’inégale importance et urgence, et je sature, et je stresse, et pourtant – je n’y pense jamais au bon moment

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Les problèmes de l’emploi (2)

Après mon premier article d’avant-hier, je voulais revenir rapidement sur les autres choses problématiques dans l’emploi, quand on est une personne atypique. Comme d’habitude je pars de mon expérience/mes spécificités, mais il faut garder à l’esprit que chaque personne aura ses besoins (je peux assez mal parler à la place de personnes qui ont un handicap moteur, une dyspraxie, une maladie chronique, mais ça pose problème aussi dans la recherche de travail, entre accessibilité, tâches faisables, rythme). On entre avec cet article dans ce qui me pose, peut-être, le plus problème, et qui m’a accompagnée pour toutes mes heures de collège-lycée : l’impression qu’on me vole du temps. L’impression de perdre ma vie. L’impression de ne plus avoir d’énergie pour rien, parce que mon espace mental continue d’être occupé par la pensée du travail bien au-delà des heures de travail. L’impression d’être condamnée quand, en-dehors des heures de travail, il faut encore faire les courses, ranger, répondre à des mails, parler à d’autres gens, alors que j’ai juste besoin de moi-même repliée sur moi-même.Lire la suite »

Les problèmes de l’emploi (1)

Quand j’ai ouvert le blog, j’étais désespérément en recherche de travail. Encore, à nouveau, une nouvelle fois. J’ai l’impression de passer mon temps à chercher du travail, même quand je travaillais momentanément, je cherchais du travail, même quand je travaillais sur mon projet de thèse, je cherchais du travail (parce qu’il faut bien payer le loyer et manger), et même quand je travaillais sur mon projet de thèse + travaillais, je cherchais du travail (parce que ça ne suffisait pas à vivre correctement et que ça manquait de long terme et régularité). Depuis un mois, je travaille à nouveau, j’ai un contrat, avec signature et tampon, pour de vrai. Pour nuancer la joie : moi qui voulais avant tout avoir quelque chose de stable et de non précaire, je suis finalement à nouveau sur un contrat pas assez payé et sur le court terme. Pas vraiment le choix, et je prends le positif : quelqu’un a bien voulu de moi, je lui ai fait part de quelques-uns de mes points faibles, et c’est un temps partiel.

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