Bordertruc et cyclomachin (errance diagnostique, 3e volet)

Pas de chatons aujourd’hui, mais des renards.

origines
BD : « Goupil ou face« , Lou Lubie

Ce renard est le corps donné par « Lou Lubie » à son trouble diagnostiqué à l’âge adulte : la cyclothymie, forme de bipolarité (apparemment on dit bipolaire II1/2…). C’est il y a quelques mois, au cours d’une autre lecture, que j’ai découvert ce terme de cyclothymique, non plus utilisé simplement pour décrire un simple tempérament, mais comme trouble bipolaire mineur. Ce qui m’a intriguée, c’est la différence entre trouble borderline et bipolarité cyclothymique (parce qu’avec bipolaire I et II, la différence est flagrante, je sais bien, pas de doute).

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à la limite (errance diagnostique, 2e volet)

Quand j’ai découvert ces mots, borderline, état limite, j’avais treize ans, et je l’ai trouvé tout à fait adapté parce que je me sentais, en effet, toujours en limite de quelque chose : limite de la folie, limite de l’explosion. Ma vie était une succession de moments imprévisibles, en une seconde tout pouvait basculer, une crise de panique, une crise de colère, une crise de larmes, pour rien, ou ce que les autres qualifient de rien. Je loupais mon bus et c’était la fin du monde, plus rien n’allait jamais fonctionner, autant aller me suicider tout de suite (genre, pour de vrai). Un truc, une tache, un mot, et je perdais pied, j’avais l’impression de devenir folle, alors qu’une minute avant, trois minutes plus tard, je pouvais tout aussi bien être calme et raisonnée.

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Ce moment où

Ce moment où – on est renvoyé.e à sa différence. Je les additionne depuis la maternelle, et je me les figure toujours en images – un cercle et moi dehors, une vitre et moi derrière, ou encore un costume que je serais la seule à porter par-dessus une peau qui ne serait pas la même que les autres. Un peu comme la petite sirène, je ne me contente pas de mon monde sous-marin et de mon habileté à nager, il a fallu que je tombe amoureuse du monde terrestre et que je veuille, moi aussi, avoir des jambes sur lesquelles marcher, même au prix d’une énorme douleur de tous instants. Sauf qu’on ne change pas de monde impunément, ce sont efforts, sacrifices et souffrance, et arrive toujours le moment où on retrouve sa queue de poisson et ses branchies, et son incapacité à marcher et respirer comme les autres – ce moment où.

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Les étiquettes (errance diagnostique, 1er volet)

« Mais pourquoi tu veux une étiquette ? » me demande mon amoureux alors que je m’écroule en larmes après avoir passé des heures à me reconnaître dans des témoignages, qui ne sont pourtant pas de celleux que je pensais être mes cygnes. Comme beaucoup d’autres, je me suis sentie toute ma vie vilain petit canard et j’ai essayé de toujours continuer à chercher le milieu où je me sentirais enfin à ma place. Des petits moments, des éclairs, certaines discussions, certaines personnes que j’aime follement et qui me manquent encore même si parfois on ne se voit plus depuis des années, mais aussi des lectures et beaucoup de moments seule. Je cherche encore mes cygnes, je cherche encore mon lac, et bien que j’aime toujours penser en-dehors des catégories, ne pas classer les personnes, certainement pas les évaluer mieux ceci ou moins cela, j’ai tout de même encore besoin de trouver, pas forcément qui je suis, mais quel environnement est le plus adapté pour moi.

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Réminiscence

C’était en mai, pas le joli mois de mai, l’autre.

On partait à 9h20 pour la bibliothèque. Dans le bus, il écoutait telle pièce de Mozart, 16 min 40 secondes, le temps exact du trajet. Il l’écoutait à pleine puissance, à s’en percer les tympans, mais c’était le prix à payer pour échapper un instant au monde, aux bruits de la ville, des corps et des pensées étrangères.

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responsabilité politique et sociale des troubles du comportement alimentaire

Réaction épidermique aujourd’hui à la relecture d’articles traitant de décisions récentes visant, après le contrôle du poids minimum et de la bonne santé des mannequins, à interdire les pubs « dégradantes pour la femme » dans le métro parisien, puis l’obligation à écrire « photo retouchée » sur les photos retouchées (euh… toutes ?)
(je ne réagis donc pas à une actualité brûlante, mais je réagis tout de même de manière brûlante, et j’aurai encore des tonnes d’articles plus complets-complexes à écrire là-dessus)

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La culpabilité d’être soi

Je suis une personne qui occupe de l’espace. Je parle fort, je pense beaucoup à moi (ou sur moi, disons), je sais ce que je veux et encore plus ce que je ne veux pas, je refuse de me plier aux règles collectives si je n’en comprends pas le sens, et j’ai toujours eu un sentiment de la justice sur-développé. Ça ne m’empêche pas d’être aussi naturellement portée à l’altruisme : je ressens les autres, je ne supporte pas l’injustice, je ne comprends pas la méchanceté, et j’ai en horreur la compétition. Mais mon hypersensibilité prend de la place, mon hyperémotivité fait du bruit, et du coup, je donne l’impression d’être autocentrée et égoïste.

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