Une journée comme les autres

Je fais toujours des plans de ma semaine, des trucs à faire chaque jour, avec le temps je deviens même raisonnable et je ne me charge pas trop, je peux prévoir moins quand j’ai mes règles, ou plus au mois de juin, mais il y a encore des choses qui m’échappent. Je me lève parfois à 7h en pleine forme avec l’envie de conquérir le monde, mais le jour d’après, peut-être, insomnie, manque de sport, ou juste rien du tout, et je serai incapable de me concentrer sur quoique ce soit, et je passerai ma journée à pleurer, ou à ruminer, ou à chercher la dispute.

Quand ça va, on ne se souvient plus que vaguement des moments où ça ne va pas. On se dit c’est pas si terrible, finalement. C’est gérable. Il suffit de. Je peux combattre la mélancolie. La paranoïa. Les trous noirs.

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L’odeur des derniers jours de septembre

Pour un anniversaire de ma mère, j’avais 15 ans, j’étais à l’étranger, je lui ai envoyé une liste de plusieurs pages de petits détails liés à elle, de sa manière de pétrir le pain au rythme à demi-temps de son pas, en passant par les blagues incompréhensibles qu’elle raconte et l’odeur de l’huile Weleda (séquence émotion, sortez les violons et le filtre sépia). Bien la moitié des choses étaient des odeurs, et elle m’a dit, c’est incroyable, tu devrais penser à faire carrière dans la parfumerie.

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compliqué.e, adj. : antonyme de simple ?

C’est juste que j’ai l’impression, avec toi, que chaque chose simple est compliquée.

Il a fait des efforts, il a réduit la fréquence d’énonciation de cette phrase, de quotidienne elle est devenue hebdomadaire, puis occasionnelle.

Moi aussi, j’ai fait des efforts, pour ne pas toujours dire tout ce qui se passe dans ma tête à chaque instant, pour me débrouiller seule avec mes hypothèses contre-hypothèses supputations calculs angoisses, à chaque proposition lancée.

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Un refuge

Je voudrais un endroit au monde qui soit à moi, qui soit pour moi, qui ne change pas.

Je voudrais un refuge, un lieu qui soit resté le même toujours, qui ait la même couleur le même silence la même texture, je voudrais un refuge qui me coupe du reste du monde et où je pourrais, toujours, venir me reposer de tout le reste. Je voudrais un refuge, un endroit qui ne change pas, un endroit qu’on ne me volera pas, qu’on ne me modifiera pas derrière mon dos, qu’on ne me retirera pas de manière inattendue, un endroit où rien ne m’arriverait, qui serait construit de repères et de certitudes.Lire la suite »

Nous sommes….

Je suis une personne d’habitudes. Tous les jours le même chemin, et le bas de ma rue me saluait ainsi

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Avant l’été, des urbanistes bien intentionnés ont recouvert le mur tagué de planches de bois noir, clouées sur le message socio-philosophique qui m’accompagnait tous les jours depuis seize mois.

Je n’ai plus jamais repris le même trottoir, et mon salut quotidien me manque.

Ainsi donc, je suis folle. (et politiquement incorrecte)

« This is sort of nervous making, isn’t it ? I wonder what he’ll be like ? I don’t think I’ve ever met a insane person before, have you ? A real certified insane person, I mean. […] – How much you want to bet […] that he turns out to be pretty much like all the uncertified insane people we know ? » (un de mes passages préférés de Revolutionary Road, de Richard Yates)Lire la suite »

Bon, et donc, finalement, tu fais quoi dans la vie ?

Je sais qu’ils ne pensent pas à mal les gens qui posent cette question. D’ailleurs, moi aussi je la pose, tout le temps, parce qu’il faut bien se dépatouiller comme on peut avec ces trois verbes les plus courants que sont être, avoir et faire. Je sais qu’on cherche par là à savoir sur quelle base démarrer la conversation. Parce qu’on suppose que le travail des gens reflète (tout ?) ce qu’iels aiment faire et ce dont iels aiment parler. Alors, si tu es médecin.e, on te montrera des bobos, si tu es danseur/se on te dira ah oui j’ai déjà vu le Lac des Cygnes, si tu es sage-femme [oui le masculin est sage-femme aussi, je vous renvoie à l’étymologie] on te parlera bébés, si tu es ingénieur.e, avocat.e, architecte, on te dira waouh mais en fait personne n’a aucune idée de ce que tu fais réellement dans ton travail au quotidien ; et si tu es linguiste, on ne comprendra pas et on te demandera alors, combien de langues tu parles ?Lire la suite »